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Risques et formation, un sujet crucial pour la Banque

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Un article de Marc Salvat, diplômé de l’École Nationale Supérieure des Mines de Paris, Marc Salvat a été responsable d’équipes maîtrise d’ouvrage marchés de capitaux, responsable MO/BO puis COO au sein de plusieurs grandes banques de marché. Il est co-auteur de l’ouvrage « L’essentiel des marchés financiers » et auteur de « L’essentiel du postmarché » publiés par FIRST FINANCE. Aujourd’hui, il collabore étroitement avec FIRST FINANCE notamment sur les projets de certification.

Marc Salvat anime l’Executive MOOC « CULTURE RISQUES BANCAIRES ».

 

 

Découvrez le programme

 

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Les journaux sont aujourd’hui remplis d’études sur l’impact de la digitalisation et plus généralement de l’automatisation accrue sur les entreprises non plus seulement industrielles mais sur les entreprises de services.

De façon plus précise, dans le milieu financier on voit que l’apparition des banques sur internet ou des différents brokers internet en matière de crédit change fondamentalement l’organisation des banques.

 

Si l’on fait la part des effets de mode (nombreux en la matière) que peut-on constater ?

La distribution de crédit en banque de détail se fait de plus en plus sans aucun contact direct avec le client. Cet état de fait existait depuis longtemps pour le crédit à la consommation mais on voit que le crédit immobilier est de plus en plus concerné.

À des fins de productivité (et aussi d’homogénéité entre les différentes agences d’une même banque) la décision d’attribution est le fait de programmes informatiques et non plus la conséquence d’une étude personnalisée de dossier.

On a longtemps cru que ces pratiques ne sortiraient pas du cadre de la banque de détail. Il s’avère que cela est faux et même des crédits corporates sont de plus en plus acceptés par des programmes relevant plus de systèmes experts que de tableurs améliorés.

 

De ce fait, le rôle des intervenants en matière de risque a fondamentalement changé.

Les opérations simples sont « pré-décidées » par des applications et le risk manager intervient essentiellement sur les dossiers les plus complexes ou pour forcer certaines décisions des applicatifs sur la base d’informations qui n’auraient pas pu être prises en compte.

Dit ainsi, cela valorise encore plus le travail du risk manager qui n’a plus à s’occuper d’une pile de dossiers «  tout-venant » et peut se concentrer sur les dossiers où il a une valeur ajoutée plus importante.

Ceci étant il s’agit là d’une vision plutôt idyllique (pour éviter le terme de Bisounours !) qui oublie un certain nombre de points importants que l’on est en train de découvrir même dans les entreprises industrielles (à la maintenance chez EDF ou à la SNCF par exemple).

 

En effet, comment former des experts sur les dossiers complexes, sans jamais s’être fait la main sur des dossiers simples ?

Cette question est cruciale pour les banques, faute de quoi, au bout d’un certain temps, elles n’auront plus les experts capables de faire face aux dossiers complexes et donc soit elles les refuseront systématiquement, se privant ainsi d’une source importante de rentabilité ou bien elles les accepteront au petit bonheur la chance avec tous les risques que cela comporte.

 

Comment sortir alors de ce dilemme ?

Il n’y a pas cinquante réponses, la seule possible est la formation.

Et pas seulement la formation théorique, dispensée à Dauphine ou ailleurs, qui permet de faire des calculs mais certainement pas de comprendre la subtilité d’un dossier.

Il faut une formation pratique, dispensée par des experts, et reposant sur des mises en situations réelles ou quasi réelles. De ce point de vue là, les banques devraient s’inspirer de la formation des pilotes de ligne.  Cette formation repose sur un aspect théorique non négligeable mais aussi sur des nombreuses heures passées dans des simulateurs de vol.

De cette manière, il est possible de former des experts (personne ne pourra contester que piloter un avion de ligne n’est pas chose simple) qui, même sans avoir traité en réel des problèmes simples, sont capables de faire face à des situations compliquées.

Cependant cette formation aura un coût très élevé qui ne pourra être supporté que par les plus grands établissements. Quid alors des établissements de plus petite taille ? Soit ils devront délaisser les dossiers les plus complexes, soit ils devront payer des coûts prohibitifs pour eux.

 

Ce sujet devrait être important pour le régulateur. En effet, celui-ci a la charge de vérifier que les banques ont bien des personnels formés et compétents quel que soit le domaine. Il pourrait être utile que, comme pour la commercialisation des produits financiers (avec l’examen AMF), le régulateur définisse le corpus de savoirs indispensables en matière de risque et vérifie, ou fasse vérifier, que celui-ci est bien acquis. La sanction ultime serait la fermeture ou du moins la limitation des activités pour les établissements n’ayant pas le personnel suffisamment compétent.

 

 

 

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