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Blockchain : quels enjeux pour la finance ?

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Un article de Romain ROUPHAËL, co-fondateur de BELEM, start-up qui explore les applications de la technologie blockchain à différents domaines : finance, assurance, vote, ou encore propriété intellectuelle.

La formation d’une journée « Blockchain : enjeux pour la finance », animée par Romain ROUPHAËL, est pensée pour vous permettre de bien comprendre les mécanismes de la technologie blockchain (cryptographie asymétrique, méthodes de consensus), les possibilités offertes par ce nouveau type de registre distribué, ses applications dans le domaine de la finance, mais aussi d’étudier en détail les stratégies blockchain des grands groupes et les dernières évolutions du cadre réglementaire.

 

 

Découvrez le programme

 

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Le FMI, le World Economic Forum, McKinsey, ou encore Goldman Sachs, tous sont unanimes : la technologie blockchain s’apprête à bouleverser l’infrastructure des services financiers.

 

Les premiers projets concrets d’application de cette technologie commencent à voir le jour. Ainsi, UBS, Deutsche Bank, Bank of New York Mellon, Santander et le courtier ICAP viennent d’annoncer qu’ils faisaient équipe pour démontrer aux banques centrales et aux régulateurs la viabilité et l’apport de cette technologie, dans le domaine du post-marché.

 

Mais qu’est-ce que la blockchain ? Revenons tout d’abord à ses origines pour mieux cerner son mode de fonctionnement. Nous verrons ensuite la réponse du monde de la finance face à son émergence.

 

Aux origines de la blockchain

 

De la monnaie primitive à la monnaie fiduciaire et scripturale, les instruments de transaction financière reposent sur la confiance, celle que lui accordent ses utilisateurs en tant qu’unité de compte, moyen d’échange et réserve de valeur. Cette confiance s’appuie sur un principe de garantie incarné par une institution centralisée (Etats ou banques, ou instances locales dans le cas des monnaies complémentaires locales).

 

La dématérialisation de la monnaie, de l’introduction des chèques à la création des cartes de paiement, s’est accélérée depuis vingt-cinq ans avec l’apparition des transactions électroniques. Elle ouvre la voie à une réflexion sur la création de monnaies non conventionnelles, c’est-à-dire indépendantes des autorités centralisées traditionnelles, que l’on appelle monnaies digitales.

 

En octobre 2008, Satoshi Nakamoto, dont l’identité de la personne ou du groupe caché derrière ce pseudonyme reste à ce jour inconnue, publie son livre blanc “Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System” dans lequel il propose une nouvelle forme de monnaie digitale, le Bitcoin, qui s’appuie sur un protocole nouveau, celui d’une chaîne de blocs ou «blockchain», permettant un système de vérification décentralisé.

 

Le Bitcoin ne relève plus d’une autorité centralisée mais d’une relation dite «pair à pair», c’est-à-dire d’un réseau informatique dont les participants se sont affranchis d’un serveur central.

 

Au coeur du Bitcoin

 

Le Bitcoin est une monnaie conçue pour que les unités de monnaies soient introduites graduellement. A la différence des monnaies classiques, il n’est pas émis par une autorité centrale et la quantité totale des unités émises a été fixée par avance, plafonnée à 21 millions d’unités. Environ 15,25 millions de Bitcoins ont été émis jusqu’à présent, et le dernier Bitcoin devrait être produit en 2140.

Les Bitcoins sont stockés sur des adresses Bitcoin, dont la clé est une chaîne de lettres et de nombres unique, qui peut se conserver sur un ordinateur, un smartphone, ou même un bout de papier.

 

Dès qu’un utilisateur envoie un Bitcoin en guise de paiement, un enregistrement de la transaction est gardé en mémoire. Les transactions sont groupées en blocs. Chaque bloc représente l’équivalent de 10 minutes de transactions en Bitcoins.

 

Tous les participants composant le réseau mettent à disposition leur puissance de calcul informatique pour vérifier ces blocs et les confirmer dans le système. C’est ce que l’on appelle le «minage». Les participants, qui ont préalablement été mis en concurrence, sont rémunérés en fonction de leur participation au calcul, touchant un pourcentage des nouveaux Bitcoins émis par le système.

 

Le système regroupant l’ensemble des blocs est ce que l’on appelle une blockchain. Les blocs sont classés chronologiquement, et chaque bloc inclut une signature digitale (appelée “hash”) du bloc précédent, qui régit l’agencement des blocs, et garantit qu’un nouveau bloc ne peut rejoindre la chaîne de blocs que là où se termine le bloc précédent.

 

Une copie de la blockchain, c’est-à-dire une copie de l’enregistrement de toutes les transactions réalisées depuis l’origine du Bitcoin, est mise à jour par tous ceux qui ont installé le software Bitcoin. Pour s’assurer que le système fonctionne normalement, les chaînes de blocs sont vérifiées en permanence par les ordinateurs de ceux qui ont installé le logiciel. Ainsi, à chaque instant, le système sait exactement combien de Bitcoins chaque utilisateur a dans son portefeuille: ils ne peuvent être copiées ni dépensés plusieurs fois.

 

Ci-dessous un schéma résumant le fonctionnement d’une blockchain :

 blockchain

Pour la première fois, la propriété peut être transférée sans être dupliquée, et sans passer par un registre centralisé.

 

Le Bitcoin peut s’acheter, se vendre et s’échanger contre des monnaies réelles (USD, EUR, etc) sur un marché de change.  

 

Ci-dessous l’évolution du prix du Bitcoin depuis sa création :

 btc_price

 

Satoshi Nakamoto crée le protocole Bitcoin de telle sorte qu’il soit peer-to-peer, crypté, et quasi anonyme, ce qui rend le lien entre une transaction en Bitcoin et la personne physique à son origine très difficile. Il est ainsi dit pseudonymique. En somme, la blockchain du Bitcoin enregistre toutes les transactions, mais pas ses auteurs.

 

La blockchain du Bitcoin est à ce jour la plus grande base de données décentralisée, anonyme, et publique : c’est un réseau pair-à-pair (« peer to peer ») libre d’accès, dans lequel les participants peuvent avoir accès à l’intégralité du registre, effectuer des transactions librement et participer à leur validation.  

 

Le secteur financier face à la « révolution » blockchain

 

Nombreux sont ceux qui pensent aujourd’hui que ce qui a été fait pour la monnaie, à savoir le passage d’un fonctionnement centralisé à une organisation décentralisée, peut s’appliquer à d’autres domaines, et pourrait notamment faire évoluer considérablement l’architecture centralisée des services financiers actuels.

 

La grande majorité des titres financiers (actions, obligations, produits dérivés, etc.) existe aujourd’hui de façon purement électronique, leur gestion est centralisée auprès de tiers de confiance, et engendre des coûts de fonctionnement importants. L’adoption de la technologie blockchain pour gérer la vie de ces titres permettrait de rationaliser la gestion des transactions.

 

En effet, en permettant à toutes les parties prenantes d’une opération de valider ses caractéristiques dans un système partagé avant son exécution, on peut améliorer la vitesse de transaction, réduire les charges provisionnées au titre du risque opérationnel, et apporter une preuve infalsifiable en cas de conflit. On pourra par ailleurs suivre l’ensemble des transactions en temps réel, ou encore donner une vue complète au régulateur sur les opérations en cours.

 

Ces atouts permettent d’envisager les segments de marché sur lesquels la technologie blockchain pourrait s’appliquer : ce sont des marchés fragmentés, pour lesquels la même information est enregistrée de façon redondante dans différents systèmes, sur lesquels les délais de transaction sont longs, et qui représentent en conséquence un coût important pour les banques.

 

On pense ici à la chaîne post-marché, aux paiements internationaux, au trade finance, à la lutte anti-blanchiment, au marché des prêts syndiqués ou encore à celui de la pension livrée.

 

À partir de 2015, l’industrie financière dans son ensemble voit dans la blockchain le futur des services financiers, comme on peut le voir sur cette cartographie du World Economic Forum :

 screen_shot_2016-09-26_at_2

 

Afin d’étudier les promesses de cette technologie, et au-delà de leurs efforts isolés, les grands acteurs des services financiers se sont souvent rassemblés en consortiums.

 

On pense au consortium R3 qui réunit les 40 plus grandes banques du monde, au projet Hyperledger, mené par la fondation Linux et qui a pour but de créer un standard commun aux différents secteurs de l’économie, ou, en France, à l’initiative LabChain menée par la CDC, qui réunit BNPP, la Société Générale, le Crédit Agricole, AXA, Allianz, ou encore IBM, au côté de start-ups pour plancher sur des pistes d’application de cette technologie.

 

Mais avant d’imaginer une adoption massive de la blockchain, qui remplirait sa promesse de révolutionner l’architecture des services financiers, examinons les obstacles se présentent à elle.

 

Tout d’abord, se pose la question essentielle du cadre règlementaire associé à l’utilisation de cette technologie, notamment sur des sujets sensibles comme ceux touchant à la connaissance client. Il est ici intéressant de noter que la France joue un rôle pionnier : la récente loi Macron permet l’émission et la tenue de registre d’un titre de créance (le minibon) dans une blockchain. Et le parlement a donné au gouvernement l’autorisation de légiférer par ordonnance sur ces sujets.

 

Par ailleurs, pour qu’une blockchain devienne un standard de place, les acteurs du marché doivent partager ses infrastructures. Se poseront alors forcément des questions de gouvernance, notamment sur la répartition des coûts et du pouvoir décisionnaire.

 

Vient ensuite la question de la performance de la blockchain pour supporter des millions de transactions. Enfin, la migration des systèmes actuels vers une architecture de type blockchain s’annonce délicate.

 

Malgré ces questions encore en suspens, les grands acteurs du monde financier se sont lancés dans une multitude de projets, pour ne pas rater la révolution blockchain, et rester au centre du jeu financier.

 

Perspectives

 

Si les grands du secteur en sont actuellement au stade des PoC (Proof of Concept), nous attendons la mise en œuvre d’applications de niche pertinentes pour l’industrie financière dans les deux prochaines années.  L’émergence d’un standard de place devrait permettre l’adoption généralisée de la technologie blockchain dans un délai de trois à cinq ans.

 

Par ailleurs, c’est un domaine en constante évolution, et nous pensons que de nouveaux cas d’usages vont émerger avec la naissance et la consolidation de l’écosystème blockchain.

 

 

 

 

 

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